Schonau et Tardif Luthiers à QuébecSchönau & Tardif Luthiers inc. – Luthiers à Québec


 

Par Guillaume Schönau

La matière vivante
Le bois et son caractère sacré,  les résines naturelles
Le temps arrêté  à force d’ébauche
La rigueur des nombres pour s’y référer
La quête d’un son dans la matière

Comment sont fabriqués les violons, altos et violoncelles…

Le choix des bois

L’érable et l’épicéa que j’utilise provient d’Europe : Italie, Suisse et France. Je sélectionne  les pièces de bois selon des critères tels que la régularité des cercles annuels, la supériorité acoustique à l’état brut et la densité. Une fois sélectionnés, ces pièces sont importées puis conservées un minimum de cinq ans dans un environnement contrôlé avant leur utilisation. J’ai acquis, au fils des ans, une réserve de bois d’une grande qualité  pour la confection de mes instruments.

Les modèles

Les bases du dessin technique des instruments du quatuor à cordes ont été établies par les maîtres luthiers italiens il y a plus de 400 ans. L’efficacité de ces modèles pour la qualité sonore n’est plus à prouver.  Je travaille avec  un modèle utilisé par Stradivarius pour la réalisation du violon connu sous le nom de Viotti, en 1709.  J’utilise également un modèle inspiré d’Antonio et Hieronymus Amati. Le modèle original étant étroit, j’ai dû l’adapter afin d’obtenir des proportions plus « modernes ».  Pour l’alto, j’utilise un modèle  des frères Amati ( 15po 15/16) Ce format permet de concevoir des instruments malléables et ergonomiques sans nuire au volume sonore.

Le vernis

 

Le vernis améliore les qualités acoustiques des instruments et permet de les protéger du passage du temps tout en leur conférant leur beauté et leur âme. Le vernis à l’huile qui recouvre mes instruments est composé de résines naturelles et d’huile de lin. Ce vernis coloré, inspiré de recettes du moyen-âge et de la renaissance, est renforcé en couleur par des pigments laqués que j’obtiens par l’extraction de la racine de garance (rubia tinctorium). La beauté légendaire des vernis Italiens  sont la source d’inspiration et le moteur de mes recherches.  J’apprécie autant les vernis classique, très propre et uniforme que les vernis patinés à l’ancienne qui imitent l’usure et le passage du temps.

Le temps

 

Le seul ingrédient impossible à obtenir dans l’immédiat. Il donne la patine aux vernis en laissant les traces de son passage. Il assouplit la sonorité et laisse place à la voix réelle de l’instrument. Il permet d’apprécier  la qualité des instruments au-delà des années…

La sonorité

Juger de la qualité d’un son est subjectif. Tout comme apprécier un vin plutôt qu’un autre.  On peut tout de même qualifier la sonorité d’un instrument par certaines évidences : volume sonore, richesse harmonique, balance entre les aigües et les graves. À mon avis, ce qui rend les instruments du quatuor à cordes si intéressant, c’est la complexité de leur sonorité. Ces qualités sont déjà audibles dès les premières notes qu’un instrument produit. Les instruments de musique du quatuor à corde doivent être joués avant d’ouvrir de façon optimale leur spectre harmonique. La sonorité se raffine sans perdre son caractère de base et ses qualités premières. 

Certains musiciens considèrent comme un avantage appréciable la capacité de « modeler » ou de  « travailler » la sonorité de leur instrument durant cette période de mûrissement. Pour chaque heure de pratique du musicien, une heure s’ajoute en qualité sonore de l’instrument… un investissement qui rapporte à qui sait en profiter.

Acquisition

Pour plusieurs, l’acquisition d’un instrument de musique est une grande aventure.
L’acquisition d’une pièce unique est un événement en soi. Après tout, ce qui donne un sens réel à mon travail, c’est le musicien qui l’apprécie. Il est important de bien essayer l’instrument et de le comparer, d’en discuter…Il faut se faire confiance.   Pour en savoir plus, pour des questions et commentaires ou pour planifier un essai, n’hésitez pas à me contacter.